2020 - Farouche Devah

2020

Alors que 2019 arrive à sa fin, je poste ce dessin qui à mon sens résume mon année écoulée.

Mais pour la comprendre, je dois retourner un peu en arrière. IL y a deux ans, je suis partie au Sri-Lanka, faire Vipassana. 10 jours de méditation silencieuse sur les pas de Bouddha. Ce fut une expérience extraordinaire que j’ai essayé d’écrire pour la partager, mais surtout pour ne pas l’oublier. https://medium.com/…/vipassana-10-days-silent-meditation-re…

J’ai remarqué avec le temps, qu’à chaque ouverture de conscience, suit un retour en arrière.

Comme un bébé qui, à la plus grande joie de ses parents, fait sa première nuit, puis régresse de nouveau pendant un mois.
Pendant deux ans, j’ai oublié ce que m’avait révélé Vipassana. Tout comme j’oublie à chaque fois ce que me révèle mes voyages… A force de ne pouvoir en parler, de ne pouvoir partager, rattraper par le speed de la vie, j’ai arrêté d’y croire.
Ce dont je n’avais pas conscience, c’est que même sans mon gouvernail, cette prise de conscience était juste en train de se déployer, s’engouffrant dans mes pensées, dans mes obscures, me forçant ainsi à essayer de la retrouver.
Elle est revenue à moi, subitement, et très simplement le 31 décembre 2018 : Je me suis écoutée. Pour la première fois de ma vie, j’ai décidé de ne pas me forcer et j’ai passé le réveillon du jour de l’an : seule.
Ca peut vous sembler con, mais pour moi c’était énorme.
Un peu honteuse de ne pas suivre la masse et de passer pour une déprimée misanthrope, je n’en ai pas trop parlé. Je suis allée me choper un bout de foie gras et une demie bouteille de champagne au supermarché du coin, en priant pour ne croiser personne, j’ai fermé mes rideaux, éteins mon téléphone, allumé un film et suis rentrée en 2019, comme JE LE SENTAIS.
Mais qu’est ce que ça fait du bien de ne pas se laisser guider par la communauté!
Le lendemain, je me suis fait réveiller par les rayons du soleil, fraîche comme je ne l’avais jamais été un 1er janvier. Alors j’ai continué.
J’ai commencé à faire du sport et à re-méditer tous les matins, (en deux mois j’ai perdu mes 6 kilos d’arrêt de cigarette), j’ai arrêté de sortir pour le simple fait de combler mon ennui, ou ma flippe d’être seule, j’ai arrêté de boire en semaine, de sortir avec les mauvais mecs, j’ai commencé à bouger de Paris dès que je le pouvais, j’ai dit OUI, tout de suite, à tout ce qui me faisait kiffer… j’ai chanté, j’ai dansé, j’ai pleuré, j’ai rigolé.. Je me suis montrée, et plus je me suis montrée, plus j’ai rencontré des gens vrais, qui me ressemblaient.
J’ai eu l’impression que cela faisait des millénaires que cela ne m’était arrivée.

Alors j’ai continué.

Pourquoi chercher la joie dans les autres alors que tu peux l’avoir en toi? J’ai décidé de m’autoriser à m’intéresser à tout ce qui me plaisait vraiment.
J’ai enfin pris des cours de peinture, j’ai commencé un cours d’auto-hypnose dans mon lit tous les mardis soir, puis je m’y suis formée, j’ai essayé l’hypnose spirituelle, je me suis même baladée dans des vies passée (oui messieurs dames!) et j’ai kiffé!
J’ai dévoré des livres sur les régressions, les sciences, l’histoire, l’intuition. Me suis surprise à refaire des expos. J’ai bloqué des soirées entières sur le concept de “changer”, j’ai voyagé au cœur de l’imagination et j’ai compris que c’est à partir d’elle que tout se crée.
Je me suis intéressée aux émotions, d’où elles viennent, ce qu’elles créent. J’ai compris que la joie vient du fait d’être soi, que la colère te rappelle juste que tu ne l’es plus. Et que la tristesse annonce certes une fin mais surtout, un prochain début.
J’ai ressenti que quand tu alignais ton cœur, tes sens, et tes actions, tout était possible.
J’ai vu que tout se forme au creux du détail, qu’au milieu de chaque détail, il y a le tout. J’ai compris que la pièce maîtresse est l’intention et que pour qu’il y ait création, il faut s’entraîner au lâcher prise…
Je me suis intéressée à des peintres, des musiciens, des écrivains, des sculpteurs, des inventeurs, des chercheurs, vivants ou mort, et j’ai compris qu’ils avaient tous été, à un moment, sur la même croisade.
J’ai commencé à lire sur les religions, et j’ai compris que tout cela ne pouvait être que personnel. Pour arriver au creux du détail, il faut une intention. Suffisamment soutenue pour ne pas se laisser dévier par les émotions. Mais il faut surtout un lâcher prise, loin de tout jugement ou interprétation sinon, cela ne devient que le miroir de ce que tu es.
Le plus dingue là-dedans, c’est que plus tu t’intéresses à ce qui t’entoures, plus TOUT t’intéresse. Je suis rentrée dans une frénésie d’envies. Tout est lié, tout est système, tout fait sens.
Mais…

A chaque ouverture de conscience, suit un retour en arrière.

J’en suis là. Encore une fois, et c’est terriblement frustrant. Car à force d’essayer, je me suis aussi trompée. Hé hé, c’est le jeu ma bonne dame!
Mais comme il n’y a pas de clarté sans obscurité, je ne suis plus flippée. “Tout est mouvement, tout change et évolue“.
Sous peu, je vais continuer à expérimenter ce que j’ai commencé à planter cette année. Cela me promet encore de belles aventures de ouf, dont je vous parlerais, quand je les aurais digéré.
Alors, à l’aube de 2020, comme j’écris, encore une fois je me tâte. Sortir pour ne pas être seule, ou encore une fois profiter de cette solitude pour me retrouver?
En attendant de retrouver l’équilibre, je vous souhaite une chaleureuse, curieuse et fructueuse année. N’oubliez pas que même dans l’obscurité, l’amour résonne.
Sur ces paroles de pseudo Bouddha, je vais quand même m’habiller pour aller partager.